Reconversion professionnelle

Les jeunes diplômés, en quête de sens, fuient les métiers “à la con”

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Ces métiers « à la con » que fuient les ex-premiers de la classe !

Dans son livre « La révolte des premiers de la classe », Jean-Laurent Cassely, enquête sur cette génération de jeunes diplômés en quête de sens, qui fuient « les métiers à la con ».

Les métiers « à la con », ce sont ceux des services financiers, du conseil, du marketing et de la communication.

« On voit depuis quelques années déferler une vague de jeunes urbains diplômés qui quittent leur emploi pour satisfaire une irrépressible envie de faire quelque chose de concret plutôt que de gaspiller leur temps dans un emploi de cadre ou profession intellectuelle supérieure » écrit-il.

 

 

Une révolte contre la fausse promesse que le système éducatif leur a faite

Pour Jean-Laurent Cassely, cette fuite s’explique principalement par deux raisons.

La première raison c’est la perte de sens du travail en lui même.

Cela s’explique notamment par :

  1. Un environnement abstrait et donc la difficulté du sentiment de réalisation personnelle : l’environnement d’un cadre supérieur aujourd’hui c’est beaucoup de process, de réunions et peu de réalisations concrètes… ces dernières sont pourtant à l’origine du sentiment de réalisation personnelle.
  2. La difficulté de percevoir l’utilité sociale du métier: dans ces métiers de la finance, du conseil, du marketing ou de la communication, où l’on ne produit rien de concret et de visible, difficile de percevoir concrètement l’utilité de son action
  3. Un manque de relation authentique et réelle avec ses clients : le plus souvent derrière un ordinateur (ppt et excel bonjour 😊), les nouvelles générations souffrent du manque de contact direct avec leurs clients.

 

Et puis, il y a le sentiment de déclassement c’est-à-dire la perte du statut lié à l’emploi de cadre ou de profession intellectuelle.

Outre la perception d’un travail moins épanouissant, ces jeunes diplômés ont le sentiment qu’à niveau de diplôme équivalent, ils ne vivent pas aussi bien que leurs parents.

En effet, d’après Jean-Laurent Cassely, la massification scolaire a banalisé et dévalorisé les diplômes et les postes de cadre ou de profession intellectuelle. Les écarts de salaires avec des postes peu qualifiés se sont fortement réduits. Et dans un contexte où le coût de la vie a fortement augmenté ces dernières années, ces jeunes gagnants de la compétition scolaire ne s’y retrouvent plus.

Si les anciennes générations (quadra et quinqua) pouvaient envisager qu’un compromis entre un travail ennuyeux et une bonne situation valait la peine, les nouveaux diplômés, finalement, ne renoncent pas à grand-chose !

 

 

La reconversion vers des métiers concrets avec plus de contacts humains

Les jeunes générations se reconvertissent alors vers les « métiers du concret » en reconnectant avec la dimension « matérielle » du travail, le contact humain et le territoire local.

Ceux qui sont doués de leurs mains deviennent alors artisans. On voit alors bon nombre de bac+5 passer leur CAP cuisinier par exemple …

D’autres privilégient la relation avec les clients et deviennent commerçants. On les retrouve alors « à la tête de commerces des grands centres urbains : boulangers, restaurateurs, pâtissiers, fromagers, bistrotiers ou brasseurs, derrière leur comptoir et les deux mains dans le concret. »

Enfin, certains s’engagent dans les métiers du soin et du bien-être.

 

 

Une réécriture des codes de la réussite sociale ?

Cette quête de sens des jeunes redessinerait notre vision du succès et « ces nouveaux entrepreneurs marquent peut-être le renversement des critères du prestige en milieu urbain. »

« Pour le moment, ces évolutions sont portées par des précurseurs, une avant-garde éclairée des nouveaux modes de travail, de consommation et de vie, dans des enclaves privilégiées. Mais combien de temps resteront ils minoritaires ? Ce livre est consacré à cette nouvelle aspiration générationnelle. Il est destiné aux lecteurs qui ne veulent pas être les derniers à éteindre la lumière dans l’open space avant de le quitter pour de bon. » (Arkhé-Editions)

 

La révolte des premiers de la classe, métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines, Jean-Laurent Cassely (Arké, 182 p, 17,50 euros)

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